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Des liens immuables

Lerna Bagdjian

Ce qui m’attire avec le caractère international de l’organisation, c’est que je me sens aussi bien chez moi lorsque je visite l’école de l’UGAB à Montevideo, que lorsque je me rends dans les bureaux de l’UGAB à Erevan pour saluer les équipes.

Depuis un an et demi, Lerna Bagdjian préside le comité des Jeunes Professionnels (YP) de l'UGAB Genève, avec qui elle organise des événements et des activités visant à renforcer l'identité arménienne et le développement personnel et professionnel de la communauté arméno-suisse.

Impliquée à l'UGAB depuis son enfance avec sa participation à la Colonie de Vacances, elle poursuit son engagement à travers plusieurs programmes comme Arménie, Terre de Vie, et met à contribution son expérience d'architecte auprès du réseau de l'UGAB.

Comment a débuté ton engagement à l'UGAB et quels aspects de l'organisation t'ont attirée ?

À Genève, l’une des associations les plus ancrées dans la communauté arménienne est l’UGAB Suisse, présidée par Taline Avakian. Lorsque ma sœur et moi avions 7 et 9 ans, ma mère souhaitait nous envoyer en colonie de vacances arménienne, et c’est Taline qui l'a encouragée à nous inscrire à la Colonie de Vacances de l’UGAB. Un endroit où on pleure en arrivant par peur de ne pas se faire des amis, et où on pleure en repartant car on ne veut plus rentrer !

Ma mère et son frère ont souvent participé dans leur jeunesse aux événements de l’UGAB, notamment aux jeux sportifs mondiaux. J’ai d’ailleurs appris récemment que mon oncle a été le président de la section de l’UGAB à Genève pendant un certain temps.

Peux-tu décrire les objectifs du comité et de quelle manière celui-ci sert la communauté arménienne de Genève ?

Les Young Professionals (YP) de Genève est l’unique comité arménien en Suisse (avec les YP Zurich) dédié principalement aux jeunes. Ce comité a été créé par Rubina Yacoubian, qui l’a présidé avec brio pendant plusieurs années. À l’époque, je débutais mes études d’architecture à Lausanne et je n'étais pas encore attirée par ce réseau. Néanmoins, je me souviens les avoir aidés à de nombreuses reprises, notamment via la création de plusieurs flyers de communication pour leurs événements.

Le comité a cessé d’être actif pendant la période du COVID puis nous avons pris la décision de le réactiver il y a maintenant un an et demi avec une superbe équipe composée de six personnes. Dans une petite communauté telle que celle de Genève, proposer des activités et un réseau à la nouvelle génération est essentiel.

L’objectif des YP Genève est dans un premier temps de former un groupe solidaire de jeunes, en proposant des projets qui renforcent notre identité arméno-suisse, mais aussi le développement personnel et professionnel de chacun.

Si tu pouvais décrire ton programme en 3 mots, quels seraient-ils ?

Solidarité, épanouissement et lien.

Peux-tu nous décrire vos récentes réalisations et les projets que tu souhaites mener dans le futur ?

Récemment, nous avons mis en place le AGBU YP Swiss Connect, un événement coorganisé avec les YP Zurich visant à rassembler les jeunes professionnels de toute la Suisse. Une grande première pour la communauté arménienne de Suisse ! Cet événement nous a permis de réunir sur un weekend environ 80 jeunes, de plus de sept villes différentes. La prochaine édition aura lieu en 2024 à Zurich et nous l’attendons avec impatience !

En parallèle des afterworks et des événements caritatifs, nous envisageons de mettre en place une série de tables rondes sur les corps de métier clefs à Genève, pour valoriser à la fois un jeune professionnel de notre réseau et une personne bien établie dans le secteur.

De l’immobilier à l’horlogerie aux métiers de défense des droits de l’homme, les sujets d’expertise à Genève sont vastes et nous nous réjouissons d’en apprendre davantage sur le quotidien de nos jeunes professionnels. Nous cherchons également à proposer des événements ouverts aux non-arméniens pour les sensibiliser à notre culture. Les bénéfices de ces évènements seraient en faveur des populations d’Artsakh réfugiées en Arménie, afin de leur permettre de se réinsérer dans la vie professionnelle.

Enfin, nous envisageons d’organiser un séjour humanitaire en Arménie en 2024 avec un groupe de jeunes de Suisse, par exemple via le programme AGBU ACT.

Y a-t-il une chose que tu souhaiterais que les gens sachent à propos de l'UGAB ?

La capacité de l’UGAB à offrir des programmes susceptibles d'intéresser le plus grand nombre de profils et toutes les générations. Elle répond aux besoins de la diaspora en proposant des programmes linguistiques, artistiques, sociaux, culturels, humanitaires, professionnels... Le choix est très large et cible toutes les catégories socio-professionnelles.

Ce qui m’attire avec le caractère international de l’organisation, c’est que je me sens aussi bien chez moi lorsque je visite l’école de l’UGAB à Montevideo, que lorsque je me rends dans les bureaux de l’UGAB à Erevan pour saluer les équipes.

Comment ton engagement au sein de l'UGAB a-t-il forgé ton identité au sein de ta famille, tes amis et dans ta carrière ?

Durant mes douze années de participation à la Colonie de Vacances de l’UGAB donc cinq ans en tant qu’animatrice, j’ai créé des liens très forts, et j'ai la chance de toujours compter parmi mes amis les plus proches des participants de cette colonie. J’ai été colon, bénévole pour Arménie, Terre de Vie, participante du YP Focus et à chaque fois, j’ai tissé des amitiés solides. J’aime aussi retrouver des personnes que j’ai connu autrefois, grâce aux événements mondiaux de l’UGAB. C’est l’esprit familial de l’UGAB qui me rend si fière de faire partie de cette organisation.

Une de mes expériences les plus décisives a été le programme humanitaire et social Arménie, Terre de Vie, où j’ai eu la chance d’être à la fois bénévole et responsable. Ce séjour a renforcé mes liens avec l’Arménie, mais il m’a également motivé à poursuivre mes projets personnels et professionnels dans le domaine de l’architecture. Travailler avec l’existant, le préserver et le valoriser sont des thématiques qui stimulent mon quotidien.

La découverte de la région du Tavush via ce programme a été aussi influente pour mon choix d’énoncé théorique de master à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui s’est porté sur la relation entre l’idéologie, le paysage et l’appropriation d’un lieu, avec comme cas d’étude la ville d’Idjevan et son territoire. Un sujet qui a d’ailleurs passionné mes professeurs !

J’espère avoir l’opportunité de poursuivre mes projets de recherche en Arménie, qui mêlent à la fois architecture, histoire, cartographie et impact social.

 
 
décembre 27, 2023