Dans les salons de la Maison des Étudiants arméniens, au cœur de la Cité internationale universitaire de Paris, les conversations se mêlaient mercredi 7 mai aux éclats de rire, aux remerciements et aux projets d’avenir. Organisé parl’UGAB France, le traditionnel cocktail de fin de stage des étudiants de l’Université française en Arménie (UFAR) a réuni les jeunes arméniens et leurs maîtres de stage pour célébrer ce programme de l’UGAB devenu, au fil des années, l’un des symboles les plus tangibles de la coopération franco-arménienne.
Depuis 2002, l’UGAB accompagne chaque printemps plusieurs dizaines d’étudiants arméniens venus effectuer un stage de sept semaines en France, dans des entreprises, cabinets d’avocats, groupes d’assurance ou institutions françaises. Une initiative qui permet à cette jeunesse francophone de découvrir les méthodes de travail européennes tout en tissant des liens durables avec la France. Cette année encore, la promotion 2026 composée de quinze étudiants, illustre l’ambition de l’UFAR et de l’UGAB : former une génération tournée vers l’international, maîtrisant les standards académiques français et appelée à jouer un rôle clé dans le développement économique et institutionnel de l’Arménie « Dans une région marquée par les incertitudes géopolitiques, l’investissement dans le capital humain apparaît plus que jamais comme une priorité stratégique » a souligné Salwa Nacouzi, Rectrice de l’Université. « L’UFAR est et reste le fleuron de la coopération franco-arménienne », a également rappelé, au cours de la soirée, Nadia Gortzounian, co-présidente de l’UGAB France. Revenant d’un déplacement officiel en Arménie dans le cadre de la visite présidentielle française, Nadia Gortzounian a insisté sur la portée politique et culturelle de ce partenariat universitaire : « L’UFAR incarne ce que la France et l’Arménie savent construire ensemble de plus ambitieux : une relation fondée sur l’éducation, la francophonie, la coopération scientifique et économique. Ces stagiaires sont notre bien le plus précieux, c’est pour cela que depuis plus de 20 ans l’UGAB investit dans leur parcours. À travers ce programme nous accompagnons une jeunesse arménienne brillante, ouverte sur le monde, exigeante, ambitieuse et tournée vers l’avenir ». Dans son discours, la co-présidente a également souligné une évolution notable de cette promotion : la forte présence féminine parmi les étudiants sélectionnés : « Investir dans la jeunesse arménienne, c’est aussi investir dans la place et l’émancipation des femmes arméniennes », a-t-elle déclaré devant un public attentif.
Au-delà des discours institutionnels, la soirée fut aussi celle des témoignages concrets. Plusieurs maîtres de stage ont salué l’implication et la capacité d’adaptation des étudiants. Laurent Lacroix, en charge de l’équipe commerciale IPMI (International Private Medical Insurance) chez AXA, a ainsi accueilli Hasmik et Vardouhi. Il évoque « une expérience extrêmement positive », « Le sérieux des stagiaires, leur envie d’aller plus loin et leur capacité d’intégration ont marqué toute l’équipe », explique-t-il, déjà prêt à renouveler l’expérience l’année prochaine. Même enthousiasme du côté du Cabinet de courtage en assurance Terzian situé dans le IXeme arrondissement de Paris et acteur engagé de longue date dans le programme. Arpie Terzian, issue d’une famille très investie dans la communauté arménienne de France, voit dans cet accueil une forme de transmission : « Recevoir un étudiant venu d’Arménie, l’aider à découvrir une entreprise française, c’est une manière très concrète de soutenir cette jeunesse. Ils arrivent avec une énergie et une volonté remarquable. Notre structure est très familiale, ils n’ont aucun mal à s’intégrer et à se donner à fond. Cela nous donne encore plus envie de donner en retour. C’est un échange constructif dans les deux sens ».
Hébergés à Paris au sein de la Maison des Étudiants arméniens, les stagiaires ont vécu pendant plusieurs semaines dans ce lieu emblématique de la diaspora, fondé sous l’impulsion de Boghos Nubar, figure historique de l’engagement arménien en France. Une continuité symbolique pour l’UGAB qui célèbre cette année ses 120 ans et poursuit, ainsi, génération après génération, sa mission éducative auprès des Arméniens du monde entier. Cette année, parmi les temps forts de cette promotion 2026, les étudiants ont notamment eu la chance de rencontrer les Ambassadeurs de la République d’Arménie en France, S.E M. Arman Khachatryan et le Délégué permanent de la République d’Arménie auprès de l’UNESCO, S.E. M. Aram Hakobyan au cours d’une conférence organisée au Centre Culturel Arménien Alex Manoogian de l’UGAB Paris. Un échange enrichissant autour de la diplomatie culturel et de la coopération internationale suivi d’un question/réponse auxquels ils ont pu participer.
Parmi les étudiants du programme, Seda, 22 ans, venue effectuer un stage dans le domaine de l’intelligence artificielle, résumait son expérience : « L’UFAR est l’une des meilleures universités d’Arménie. Cette expérience en France est exigeante, mais passionnante. On découvre le monde du travail mais aussi de nouveaux endroits à visiter sur nos jours de congés. Combiner tourisme et travail est vraiment une chance ». À travers ces stages, c’est aussi une certaine idée du lien entre l’Arménie et sa diaspora qui se dessine. « L’Arménie et la diaspora ne sont pas deux réalités séparées : elles sont les deux battements d’un même cœur » rappelait Nadia Gortzounian au cours de la soirée.
Cet article a été publié dans les Nouvelles d'Arménie Magazine n°340