avril 01, 2026

Armen’Livres : la littérature arménienne au cœur du Centre culturel de l’UGAB

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    nam avril 2026 armen livres

Le salon Armen’Livres continue de faire vivre la littérature arménienne et les voix de la diaspora. Accueillie en ce début d’année au Centre Culturelle de l’UGAB à Paris, l’évènement a réuni, le temps d’un week-end, auteurs, lecteurs et passionnés autour d’un patrimoine littéraire en constante évolution.

Dans la grande salle du Centre culturel de l’UGAB, les tables couvertes de livres racontaient à elles seules l’histoire d’un peuple et de sa diaspora. Romans, essais historiques, témoignages ou ouvrages de recherche : plusieurs centaines de titres consacrés à l’Arménie étaient présentés et proposés au public, dans différentes langues. Cette nouvelle édition réunissait notamment une quinzaine d’écrivains et d’essayistes venus présenter leurs ouvrages et échanger avec le public. Parmi eux figuraient l’historienne Taline Ter Minassian, spécialiste de l’histoire de l’Arménie et de la diaspora, Gorun Aprikian et René Léonian, pasteur de l’Èglise Évangélique Arménienne de France et auteur du livre « Arménie, terre chrétienne hier et aujourd’hui ». Le public a également pu rencontrer l’écrivain franco-algérien Yahia Belaskri, dont le roman « N’oublie pas notre Arménie » met en lumière l’exode massif qui préluda en 1909 au génocide sept ans plus tard par l’Empire Ottoman. Ou encore d’autres auteurs tels que le kurde Fawaz Hussain, Astrig Atamian, Chant Marjanian, Rochane Garajedagui, Jacques Bahry, Jean Cordelle, Séta Papazian et Godefroi Bernier, chacun apportant à travers ses livres un regard singulier sur l’histoire, la mémoire ou la création littéraire contemporaine.  Les échanges entre écrivains et lecteurs ainsi que les différentes tables rondes ont rythmé le week-end. Corinne Zarzavadjian, venue présenter son dernier roman « La roseraie de Garabed, un destin arménien », soulignait la richesse de ces dialogues : « Je connais Armen’Livres depuis près de dix ans, d’abord en tant que visiteur puis auteur, avec un premier ouvrage sur la cuisine que nous étions venus présenter avec mon frère : « Cuisine d’Arménie ». Pour moi, Armen’Livres ce n’est pas seulement un lieu de dédicaces, c’est un espace de transmission et de circulation de la mémoire arménienne. Un lieu d’échanges où la littérature, sous toutes ses formes, est mise en lumière et partagée. ». Après avoir sortie un premier roman couronné en 2024 du prix Pierre-Benoit : « Rose de Diarbékir » Corinne Zarzavadjian, retrace dans son nouvel ouvrage le destin d’une famille arménienne au début du XXᵉ siècle, une période également abordée par d’autres auteurs présents : « J’ai pu présenter ce livre à travers des dédicaces mais aussi lors d’échanges avec d’autres auteurs, comme Yahia Belaskri, qui couvre dans son récit la même époque, celle de 1909 à Adana. J’ai trouvé très intéressant de croiser les récits », raconte-t-elle.

 Un lieu de transmission intergénérationnel

Autre temps fort du week-end : le samedi, une quinzaine d’enfants ont participé à un atelier lecture de contes arméniens. La première lecture, en français, proposait « La goutte de miel », inspirée d’un conte du grand poète arménien Hovhannès Toumanian. La seconde, en arménien, était consacrée au récit « Nechanes », écrit par Hasmig Chahinian. À travers ces lectures, les enfants ont pu découvrir la richesse de la tradition orale arménienne avant de se plonger dans les nombreux ouvrages jeunesses présentés sur le salon. Un moment convivial apprécié de tous. Et c’est d’ailleurs cette atmosphère chaleureuse qui séduit aussi bien les visiteurs que les auteurs présents comme le confiait Corinne Zarzavadjian à la fin de cette édition:  « Grâce aux bénévoles, à leur engagement et leur connaissance des auteurs et des thématiques présentées, mais aussi grâce aux lecteurs avec qui on échange sur leurs propres histoires, leurs souvenirs, et enfin grâce à la complicité entre auteurs : Armen’Livres, c’est un lieu où l’on se sent en famille et où chaque rencontre compte ».

À propos d’Armen’ Livres : Créé en 2004 par la Maison de la Culture Arménienne d’Alfortville, Armen’Livres attire chaque année près de 2 000 visiteurs et s’est imposé comme l’un des seuls salons consacrés au livre arménien en France. Les livres et les documents à thématique arménienne proposés à la vente sont en langue française, arménienne, anglaise et turque et proviennent du fond de diffusion livres de la MCA d’Alfortville et d’achats auprès d’éditeurs en France, en Arménie, au Liban, à Istanbul, aux Etats Unis, en Suisse, en Grèce, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne.

Cet article a été publié dans les Nouvelles d'Arménie Magazine n°338