• L’UGAB tient sa 90ème assemblée générale à Paris, tournée vers l’avenir

L’UGAB tient sa 90ème assemblée générale à Paris, tournée vers l’avenir

27 février 2019

Du 7 au 9 février, des centaines d’Arméniens et amis venus du Japon, d’Uruguay, d’Afrique du Sud et d’Australie se sont réunis à Paris à l’occasion de la 90ème Assemblée générale de l’UGAB. Pendant trois jours, un programme complet d’événements variés a eu lieu dans des lieux emblématiques de la capitale, à commencer par un cocktail de bienvenue à la Tour Eiffel. Cette première journée a ouvert la voie au reste du programme au cours duquel l’organisation, créée il y a 113 ans, a su faire le bilan des nombreuses réalisations des deux dernières années, façonner l’avenir du monde arménien considérant les bouleversements mondiaux du fait des nouvelles technologies et des tendances sociales et rendre hommage aux personnalités de la communauté qui permettent à l’UGAB, présente dans près de 97 pays, d’avoir un impact sur la vie de plus de 500 000 Arméniens chaque année.

Le premier de ces hommages s’est tenu le vendredi soir lors d’un concert en mémoire de Charles Aznavour à la Salle Wagram. La vie et l’héritage de cet artiste mondial, ambassadeur d’Arménie et ami de longue date de l’UGAB, ont été honorés d’abord par un medley de ses musiques les plus célèbres, interprété par son estimé pianiste et accompagnateur, Erik Berchot, et la chanteuse de jazz Joana Mendil. Constante dans sa tradition de faire émerger de nouveaux talents arméniens, l’UGAB a ensuite convié les chanteurs Narine Dovlatyan, Iveta Mukuchyan, Sona Rubenyan, Srbuhi Sargsyan et Gor Sujyan sous la direction de Hayk Petrosyan qui ont conquis l’auditoire par leurs interprétations. De courtes séquences documentaires ponctuaient la soirée, retraçant l’illustre carrière de Charles Aznavour et son impact international sur la société.

Parmi le public, son fils et cofondateur de la fondation du même nom, Nicolas Aznavour, faisait partie du public : « C’est un grand plaisir pour nous d’honorer la mémoire de mon père au sein de la famille de l’UGAB à Paris. Ce concert marque le début de nombreuses collaborations entre l’UGAB et la Fondation Aznavour. Charles Aznavour a apporté tant de joie et de fierté à nos vies. Il est de notre devoir collectif de préserver son héritage artistique et humanitaire. »

Le lendemain, la session officielle de la 90ème Assemblée générale se tenait aux Jardins Saint Dominique. Les membres de l’UGAB ont élu à l’unanimité quatre nouveaux membres du Conseil d’administration central : Haig Ariyan, Nadia Gortzounian, Vartkess Knadjian et Ari Libarikian. Ce fut également l’occasion pour les dirigeants de l’UGAB de reconnaître les personnalités précieuses dont la vie et le travail ont eu un impact positif sur la vie des Arméniens du monde entier.

Le prix Boghos Nubar, la plus haute distinction décernée par l’UGAB à ceux qui élèvent la communauté arménienne, a été remis à l’homme politique français Patrick Devedjian pour son travail constant au service de la société. Modèle universel d’engagement et citoyen arménien mondial, Patrick Devedjian a été honoré pour la façon dont il a ouvert la voie à une génération de dirigeants arméniens vers le service public. Parmi ses nombreuses réalisations, son incessante quête de justice pour la reconnaissance du génocide des Arméniens qui a conduit à l’adoption d’une loi en 2016 pénalisant la négation ou la banalisation des crimes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre ou d’esclavage.

Des comités et des leaders communautaires respectés ont également été honorés lors de l’Assemblée générale. Parmi eux, Tamar Khabaian de Syrie, Monica Nalbandian du Brésil, Maral Tchorbadjian d’Australie et Herminé Duzian de France ont toutes été célébrées pour leurs efforts constants pour servir et maintenir l’esprit de l’UGAB. La section de l’UGAB à Buenos Aires, les jeunes professionnels de l’UGAB du Grand New York et les jeunes professionnels de l’UGAB de la Californie du Nord ont également été distingués, soulignant leurs innombrables contributions à la vie communautaire de leurs régions.

En soirée, les participants se sont réunis au Pavillon Ledoyen, l’un des lieux gastronomiques les plus réputés de Paris, pour le gala de l’UGAB. La soirée fut animée par les maîtres de cérémonie Ani Manoukian, membre du Conseil d’administration Central, et Camilio Azzouz, membre du London Trust de l’UGAB. A la surprise de tous, un hommage a été rendu à deux couples pour leurs décennies de soutien à l’UGAB et à leurs communautés : Sarkis et Seta Demirdjian ainsi que Vatche et Tamar Manoukian. Tous deux ont été honorés lors de vidéos hommage et de prix.

Sarkis et Seta Demirdjian, personnalités fondatrices de l’UGAB au Liban et en Syrie, ont développé leur mission philanthropique, encourageant les nouvelles générations à suivre leur exemple. Après la guerre civile libanaise, la famille Demirdjian s’est attelée à la création d’un centre communautaire accueillant les Arméniens du Liban, faisant de l’UGAB la première organisation arménienne au système de solidarité puissant et au modèle exemplaire d’action sociale dans le pays. En plus d’investir dans l’éducation par de multiples biais, dont l’école Manoogian-Demirdjian de l’UGAB, le couple soutient également les arts, notamment l’Orchestre Philharmonique du Liban et de nombreux festivals de musique. Engagés au service de l’excellence, les Demirdjian ont été honorés pour leurs incessants efforts au service de la communauté arménienne et de la société en général.

Vatche et Tamar Manoukian ont été quant à eux remerciés pour leur constante générosité, au service des Arméniens et d’importantes communautés dans le monde. Evoquant seulement quelques exemples parmi les innombrables bénéficiaires du couple, les Manoukian ont également été parmi les premiers à investir en Arménie, important des entreprises internationales dans le pays. Ce sont des donateurs constants du Saint-Siège d’Etchmiadzin et de l’UGAB dans le cadre de divers projets, notamment le Vatche & Tamar Manoukian Highschool et le Performing Arts Centers qui porte leur nom en Californie. Grâce à leur investissement, en lien avec d’autres organisations mondiales à but non lucratif telles que l’UNICEF et la Fondation AIDs d’Elton John, la générosité des Manoukian a permis de soutenir les communautés les plus marginalisées, valorisant l’image de l’Arménie dans le monde. Son Altesse Royale Charles le Prince de Galles a félicité leur action en faveur de son projet Dumfries House, déclarant : « J’espère que vous savez combien vous êtes appréciés pour tout ce que vous avez accompli au Royaume-Uni. J’aurais pu vous qualifier de trésor national, mais vue l’ampleur de votre travail, il serait plus juste de vous décrire comme un trésor international ».

Si cette Assemblée Générale fut marquée par les hommages et les marques de considération, elle a également servi à penser l’avenir et créer les fondations pour les actions de ces prochaines années. L’un des points d’orgue de ce programme de 3 jours fut la journée de conférences à la Station F, le plus grand campus de start-up au monde. C’est dans ce lieu qu’ont pu se réunir divers panels d’experts et de visionnaires pour échanger de manière pragmatique, grâce à la modération de Stephane Petrossian, membre du Conseil d’administration de l’UGAB France. La matinée démarra par le discours d’ouverture de Robert Vassoyan, Senior Executive President d’Atos S.E, évoquant notre entrée imminente dans le Quantum Age. Selon lui, les gouvernements, entreprises, organisations et communautés doivent se préparer à une vague prochaine de changements profonds, pour saisir à la fois les opportunités offertes par la science et les technologies mais également pour relever les défis que le cyberespace suppose, avec ce qu’il implique de côtés obscurs. Robert Vassoyan a terminé son exposé clairvoyant sur l’avenir de l’Arménie et sur l’opportunité immense de développer l’écosystème des start-ups et des jeunes talents. Caractérisant le pays d’« eState », il a insisté sur l’importance de placer les citoyens au cœur de cette nouvelle façon de concevoir les liens nationaux.

Modérateur du premier panel sur l’« Entrepreneuriat en Arménie », Vasken Yacoubian, membre du Conseil d’administration central et président de l’UGAB Arménie, a souligné que l’esprit entrepreneurial est essentiel à la réussite du pays. Parmi les intervenants, figuraient Tatul Ajamyan, fondateur de Wakie et de start-ups dans l’informatique, Aline Kamakian, entrepreneur et fondateur des restaurants Mayrig et Vahé Keushguerian, entrepreneur et co-fondateur de Impact Hub en Arménie. Chacun d’eux apporta un éclairage approfondi sur les difficultés de fonder une entreprise dans le pays, sur l’importance de promouvoir la tolérance culturelle entre la diaspora et l’Arménie et sur la nécessité d’intégrer les femmes entrepreneurs dans cette nouvelle économie.

Le panel de l’après-midi, « Les femmes dans le leadership », se concentra sur les difficultés rencontrées par les femmes dans le contexte mondial et dans celui de l’Arménie. Arda Haratunian, membre du Conseil central de l’UGAB, modérait les débats entre des femmes dirigeantes de premier plan dans des domaines variés : Astrid Panosyan, entrepreneur et femme politique (LREM) ; Emma Arakelyan, auteur et professeur à la NYU ; Valérie Toranian, directrice de La Revue des Deux Mondes et ancienne rédactrice en chef du magazine Elle en France et Isabelle Capron, vice-président du groupe Icicle Shanghai Fashion.

Inspiré des idées et concepts qui émergeaient au cours des panels, le Président d’Arménie, Armen Sarkissian, a pris la parole pour décrire sa vision de l’Arménie à l’aulne des petites révolutions qui continueront de transformer le paysage de la « Start-Up Arménie » vers des horizons jusqu’alors inexplorés. Il a souligné qu’il sera nécessaire à l’Arménie de maîtriser ces bonds en avant en matière de nouvelles technologies pour être constant dans nos valeurs et en accord avec notre morale nationale.

La conférence s’est achevée par une présentation des initiatives et partenariats de l’UGAB. Talar Kazandjian, directrice exécutive de l’UGAB Arménie, a décrit les programmes de l’organisation destinés à stimuler l’esprit entrepreneurial chez les femmes d’Arménie. Elle a ensuite laissé la parole à Armen Verdian, entrepreneur et fondateur du réseau HyeTech Europe puis à Haik Khanamiryan, responsable de la transformation numérique chez Brenntag, qui présentait le programme Goriz en leadership de l’UGAB Europe, destinés à soutenir les jeunes leaders de demain et faire en sorte qu’ils représentent collectivement l’identité arménienne comme citoyens du monde.

Outre cette journée de conférence, d’autres occasions d’échanges et de réflexion ont été organisées pour les représentants du réseau de l’UGAB dans le monde et pour les Jeunes Professionnels (YP). Parmi ces évènements, une session de workshops entre les dirigeants régionaux de l’UGAB et les membres du Conseil d’administration central ainsi que deux sessions d’échanges pour les Jeunes Professionnels.

A l’issue de cette Assemblée Générale, les participants ont quitté Paris avec une meilleure compréhension de la capacité du monde arménien à inspirer le reste du monde. Selon le Président de l’UGAB, Berge Setrakian, « après quatre jours complets de réflexion pragmatique, de conversations stimulantes, de convivialité et d’hommages pour les personnalités exemplaires qui composent notre communauté, il ne fait aucun doute que l’UGAB est prête à faire un bond dans l’avenir en tant qu’une force unie pour le bien, parmi nos communautés, dans toute l’Arménie et dans le monde. »

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